Le Quotidien des Sans-Papiers

Présentation

Le Quotidien des Sans-Papiers
  • Majorité et minorité : les minorités y passent

    Nous avons mené notre enquête auprès des familles à Paris, à Bamako, aux villages. Il apparaît que si ce naufrage a eu lieu [voir article p. 2], c’est à cause des méthodes de la filière des passeurs. Un des responsables est originaire de Sélinkégny, cercle de Bafoulabé. Il avait un correspondant passeur malien en Libye, chargé de prendre les « clients » à Bamako, à Gao. Après le désert (soit par le Niger soit par l’Algérie), ils travaillent avec les passeurs libyens qui font construire à peu de frais des barques destinées à disparaître en mer. Tout ce qu’ils perdent,…

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  • L’État et les familles

    Le 14 septembre, pour commémorer les 109 morts par noyade du 14 juillet, et pour débattre des moyens de prévenir de tels drames, se sont réunies à Bagnolet avec les sages les familles maliennes de la région parisienne. Était présent, comme représentant du gouvernement malien, le vice-consul, et il est intervenu deux fois : d’abord pour affirmer, ensuite pour nier, que le gouvernement vise à « lutter contre ce phénomène » (de « l’émigration clandestine ») en faveur de la seule « émigration légale ». Une fois les débats clos, et l’assistance déjà en train de partir, voilà que s’amène…

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  • Une guerre qui ne dit pas son nom

    Djibril et Lamine, jeunes frères sans-papiers, natifs de Bamako, ex-étudiants en droit, sont arrivés en France depuis peu. Partis respectivement en février et en mars derniers, ils ont pris, parcours obligé pour tant de migrants subsahariens plus ou moins désargentés, la route du désert en passant par la Libye, puis la Méditerranée et l’Italie. « D’abord, au Mali, depuis le début de la guerre dans le nord, l’université est en crise permanente : grèves illimitées des professeurs sans paye, grèves illimitées des étudiants pour leurs droits. Aux revendications traditionnelles (avant tout les bourses, sans bourses les étudiants des familles modestes…

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  • L’or ou l’émigration : ont-ils le choix ?

    Le Mali est riche de son or – mais sa population ? Nous en avions fait le sujet d’un numéro de la Voix des sans-papiers il y a trois ans (n. 6, 26 octobre 2011, L’or de Kéniéba), le lecteur pourra y trouver peut-être encore matière à se questionner et à chercher un bout de réponse. Mais qu’en est-il au juste trois ans après ? Pourquoi un pays d’Afrique au sous-sol si riche, et non seulement en or, continue d’exporter surtout (comme d’autres pays africains au sol non moins riche) ses jeunes travailleurs poussés au désespoir et à l’émigration par…

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  • C’est la guerre aux droits de l’homme et des gens

    Landry, Loïc, Thierry, trois jeunes migrants camerounais : les deux premiers venant de Douala, le grand port sur le golfe de Guinée, le troisième de l’ouest du Cameroun. Frais arrivés en Europe, ils sont actuellement en Allemagne, à Berlin, où « on lutte vraiment pour les immigrés » (Landry). Ils ont été interviewés à Paris à l’occasion d’une rencontre de la Coalition internationale des sans-papiers et migrants (CISPM), où ils étaient présents pour « qu’on se mobilise beaucoup cette année pour la lutte des sans-papiers » (Thierry), et puisque « c’est l’heure de se lever et lutter pour les immigrants…

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  • Le droit des papiers n’est pas les droits de l’homme

    Ce numéro consacré aux noyades en masse de migrants africains en mer, est une fois de plus occupé en grande partie par des témoignages de Maliens. Ce n’est pas un hasard. Notre aire d’enquête et de diffusion directe (sur papier) reste Paris, et en moindre mesure sa région, où la présence de Maliens à la tête des luttes et de la parole publique des sans-papiers est prépondérante depuis que, avec l’occupation de Saint-Bernard en 1996, le mouvement existe au grand jour. Le territoire du Mali actuel est souvent peuplé de populations à forte « tradition d’émigration » : mouvements plus…

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  • « Yéro, élève en CAP menuiserie au lycée Léonard de Vinci (75015), en rétention depuis le 25 octobre »

    Les lycéens parisiens mobilisés contre les violences policières suite au décès de Rémi Fraisse n’ont pas omis de demander la libération immédiate de Yéro, jeune mauritanien sans papiers, élève en CAP menuiserie au lycée Léonard De Vinci. Il a été arrêté dans le 11eme arrondissement tout près de l’hôtel social où il vit. Bien qu’ayant passé plus d’un mois à la rue entre avril et mai 2014, il a continué à aller en classe et a obtenu une affectation en CAP menuiserie, pour y apprendre un métier qui dorénavant le passionne. Ses enseignants, la direction et l’équipe administrative du lycée…

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  • DE VALLS À CAZENEUVE : UNE ANNÉE MEURTRIÈRE À LA FRONTIÈRE

    Au long de ces derniers mois se sont succédés les décès d’exilés à la frontière britannique, plus que n’importe quelle année.(…) Les autorités, alertées par les associations, n’ont rien fait pour empêcher les morts. Au contraire, les renforts policiers qui ont été déployés ont aggravé les choses.(…)Le renforcement de la sécurité du port et les nouveaux renforts de police auront deux conséquences : un pouvoir accru des passeurs, qui avaient été en grande partie marginalisés par les exilés ces derniers mois, et plus de morts

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